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A. Jensen Williams
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MessageSujet: ♠ Il est un peu tard, jeune fille... !   ♠ Il est un peu tard, jeune fille... ! EmptyMer 28 Nov - 17:39




"Il est un peu tard, jeune fille..."
Lys&Jensen




Le percuteur frappa le point d'impact et le mécanisme s'enclencha. La balle fila à travers le canon, tournant sur elle-même, et sortit de l'extrémité du module silencieux pour se mettre à tournoyer dans les airs. Elle transperça le corps de la cible de part en part, et celle-ci bascula vers l'arrière avant de s'effondrer, une expression de surprise non dissimulée sur le visage, les yeux grands ouverts, fixant le plafond sombre. Pas un cri, pas un bruit. Le coup de feu avait été masqué. Touché en plein coeur, l'homme était mort avant même d'avoir touché le sol. Pourtant, par acquis de conscience, son meurtrier s'approcha du cadavre et lui tira une nouvelle balle dans la tête, au milieu du front. Le sifflement du tir était presque inaudible, et l'assassin lui-même, en costume noir italien et chemise blanche défaite au col, donnait l'impression de ne même pas prendre la peine de respirer. Aucun son ne filtrait de son être, ce qui avait presque quelque chose d'inquiétant. Il secoua la tête et ses cheveux d'un noir de jais s'ébourrifèrent. De sa main gauche gantée, il les remit à leur place et releva son arme, espérant qu'en tombant, le cadavre n'ait pas fait trop de bruit. Il l'enjamba avec désinvolture et avança dans le couloir, les bras tendus tenant la crosse de son WaltherPPK. Deux autres gardes sortirent de l'ombre et il les abattit avec la même froideur que le précédent, alignant ses tirs dans le même mouvement. Il courut et se jeta au sol, glissant sur les genoux, pour retenir ses victimes dans leur chute afin qu'elles ne soient pas entendues. La porte, un peu plus loin, était entrouverte : il se dirigea vers elle, évitant lumières et caméras, et franchit le pallier. Quand il sortit du bâtiment pour se retrouver dans un complexe industriel, la nuit était tombée depuis un moment. Il faisait noir, et un brouillard bien irlandais recouvrait la lande. Jensen fronça les sourcils et plissa les yeux pour distinguer quelque chose dans cette purée de pois. A quelques mètres devant lui, l'un des gardes de la zone fumait sa cigarette, son pistolet mitrailleur rangé sous l'aisselle. Un large sourire illumina le visage du jeune agent. Trop facile. Il remit son arme dans le holster et sortit une corde de piano de sa poche, avant de s'élancer sur le pauvre type de l'IRA. Il ne lui fallut pas plus de vingt secondes pour cesser de respirer et s'écrouler comme un pantin désarticulé. L'agent 23 lui prit le pouls et, satisfait, le laissa mourir dans la nuit glaciale. Il escalada la clôture, sauta de l'autre côté des barbelés, et rejoignit la route les mains dans les poches, comme si de rien n'était, façon touriste qui s'est égaré pendant la visite guidée de la maison hantée locale.


Le jeune homme monta dans une vieille Ford garée sur le bas côté et s'installa derrière le volant. Il joignit ses mains et souffla dans le creux de ses paumes pour les réchauffer. Ensuite, il récupéra les documents qu'il avait dérobé dans la base et cachées dans la poche interne droite de sa veste. L'organisation indépendantiste d'Irlande était l'une des plus virulente dans les années 70-80, mais semblait s'être calmée au début des années 2000. Pour autant, les services secrets britanniques n'allaient pas lâcher la bride et, tant qu'il était dans le coin, Jensen pouvait bien en profiter pour remplir deux ou trois missions supplémentaires, histoire d'arrondir les fins de mois. Il déplia les pages, allumant la lumière au dessus de lui pour mieux lire. Les plans d'extensions de la base, deux ou trois projets d'enlèvements à rançons... Rien sur Lys. En pensant à elle, Vingt-Trois redressa la tête et regarda sa montre d'un air inquiet. Il n'était pas loin de onze heures du soir. Elle devait être rentrée des cours depuis un moment, et donc seule à la maison, sans la moindre protection. Inquiet, il jeta les papiers sur le cadavre qui répendait son sang partout sur le siège passager et démarra la voiture. Après s'être exclamé à l'intention du probable ancien propriétaire de cette voiture qu'il était en retard, il accéléra et fonça sur la route en direction de la ville.


Une demie heure plus tard, il avait abandonné le véhicule dans une ruelle glauque, récupéré ses affaires, et couru à travers les avenues pour trouver la maison où il vivait avec mademoiselle Stevens. Le contact avec le bureau de M avait été rompu et il n'avait pas de nouvelles d'elle depuis presque quatre mois ; pour autant il savait que sa mission était loin d'être finie. Une part de lui, sûrement la plus sarcastique, soupçonnait sa patronne de ne pas l'appeler pour éviter d'avoir à supporter ses plaintes. Car il en aurait des choses à dire s'il le pouvait. Il avait peut-être affronté des guérilleros à la manque, des révolutionnaires avec un bandeau façon Rambo du pauvre, mais au moins tous ces tueurs sur-entraînés ne portaient pas de talons aiguilles. Un point qui changeait la donne. Interdit d'utiliser toute forme de violence sur la demoiselle, Jensen avait dû se rabattre sur diverses formes d'intimidation, mais la jeune femme, habituée à la menace depuis plus de deux ans qu'elle échappait aux assassins, n'était pas le moins du monde impressionnée par ce qu'il lui promettait en cas de désobéicence. Bien vite, leur relation s'était transformée et, plutôt qu'un garde du corps, il avait l'impression de devoir élever seul une adolescente butée, bornée et très – trop – intelligente. Sans trop comprendre pourquoi, il subissait la permenente colère de la belle, mais avait finit par l'accepter. Quelque part au fond de lui-même, il savait à quel point sa situation était difficile et douloureuse. Ceci étant, il serait loin de montrer la moindre forme de regrets quand il sera enfin débarassé de cette étudiante qui se prenait trop pour une reine à son goût.


Vingt-Trois arriva finalement face à la maison où il vivait avec Miss-Lolita-J'ai-De-Belles-Jambes-Et-C'est-Comme-Ca. Un long soupir de lassitude s'échappa de ses lèvres et la fatigue se lisait à présent sur sa figure. Il sortit ses clés, poussa silencieusement la porte et entra le plus discrètement possible dans le couloir du rez de chaussée. Il n'y avait pas le moindre bruit et il n'avait pas remarqué de lumière aux fenêtres en s'approchant de la bâtisse. L'alarme était désactivée. Plongeant sa main sous sa veste, il ressortit son arme de sous son aisselle et arma le chien, tenant le pistolet de ses deux mains près de son menton, coudes pliés. Jensen déglutit péniblement et commença à arpenter les différentes pièces de la maison, sans allumer la moindre lampe, braquant son flingue à chaque fois pour s'assurer que tout était vide. Une fois parvenu en haut, il pénétra dans la chambre de Lys, inoccupée. Pas de traces de la jeune femme. L'agent secret baissa les bras et poussa un nouveau soupir, cette fois-ci plus teinté d'une colère qui ne se cherchait plus à se dissimuler. A peu de choses près, elle se foutait de sa gueule, ni plus, ni moins. Il avait instauré un couvre feu, faisait attention à ses fréquentations, la surveillait où qu'elle aille, mais rien n'y faisait. La jeune femme passait son temps à le narguer. Fougue résiduelle de l'adolescence ou frustration de n'avoir pu sauver ses parents ? Il s'en moquait. Jensen était tueur professionnel et espion au service de sa Majesté, pas psychothérapeute pour les plagistes en folie. Alors qu'il allait rallumer les lumières de l'habitation, il se ravisa, et préféra redescendre en bas pour l'attendre dans le salon, ouvert sur le couloir de l'entrée où elle serait forcée de passer Il tourna légèrement le fauteuil pour être totalement invisible de l'extérieur et s'y installa confortablement. Il déposa son arme sur la petite table près de lui, qui supportait également une lampe à interrupteur, puis il cala sa tête contre son poing droit, le code bien posé sur l'accoudoir, les jambes croisées. Il connaissait une jeune fille qui allait passer un sale quart d'heure...






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Lys D. Stevens
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MessageSujet: Re: ♠ Il est un peu tard, jeune fille... !   ♠ Il est un peu tard, jeune fille... ! EmptyVen 30 Nov - 18:28






Jensen Lys







On peut vivre 100 ans sans réellement vivre une minute. - Gilmore Girl






Respirer, voilà ce qu’elle devait faire pour lutter contre ces bouffées de chaleur qu’elle avait depuis un moment. Cela était sûrement dû aux shots de tequila qu’elle venait de partager avec un beau jeune homme de son université. Très populaire et joli garçon il n’avait pas hésité à jeter son dévolu sur la belle française à l’accent ravageur, et elle avait accepté son invitation avec plaisir. Elle se trouvait chanceuse qu’un jeune homme originaire de Derry et aussi charmant s’intéresse à une ancienne étudiante d’Oxford. Après tout, n’étaient-ils pas faits pour se haïr ? Elle se fichait de ces histoires et elle ne voulait que s’amuser un peu pour croquer sa vie à pleines dents, alors tant pis pour les ragots, elle allait profiter du moindre instant passé avec lui. Elle pouvait encore sentir l’alcool chaud couler dans sa gorge, et même si elle avait mangé un bout en sa compagnie avant, elle espérait tenir l’alcool avec son petit gabarit. Alors que l’une de ses musiques retentissait dans la pièce, elle prenait Bradley par la main et l’entraînait avec elle sur la piste de danse. En moins de quelques secondes, il l’attirait à elle, la faisant tournoyer, pour que le dos de la demoiselle vienne se coller contre son torse . Elle se laissait totalement aller sur les rythmes chauds et endiablés de cette chanson, se déhanchant contre cet athlète qui la parcourait de ses mains pour son plus grand plaisir. Oui l’alcool lui montait à la tête, mais sans aucune attache, cela ne la dérangeait guère de s’éclater ainsi, donc elle continuait de se frotter à lui pour le plus grand plaisir du jeune homme. Une danse, puis une autre, un verre et un second, rien ne semblait les arrêter et elle ne vit pas le temps passer. Elle s’amusait et c’était tout ce qui comptait pour elle après une dure journée de labeur passée à composer partiel après partiel. Elle était jeune et avait le droit à un peu de bon temps, que certains râlent ou pas ! C’est en pensant à cela que sa conscience la rappela à la raison, que son esprit s’envola vers Jensen. Elle prit brusquement le bras du jeune homme, le stoppant net alors qu’il comptait remonter ses mains vers sa poitrine et qu’elle observa l’heure. Elle n’avait pas la permission de minuit, et il était bientôt vingt-trois heures quarante-cinq. Il allait être fou, elle le sentait. Pour éviter que le jeune homme qui l’accompagnait reçoive les foudres de son « ami d’enfance », elle devait rentrer immédiatement. Elle s'éloigna alors de la piste de danse, prenant les devants. Le jeune homme n'eut pas d'autre choix que de quitter lui aussi les lieux pour ramener cette beauté qu'il comptait revoir.

Sans plus attendre, elle se fit ramener par le jeune homme jusqu’au coin de la rue où il la laissa pour ne pas se faire attraper par l’agent fou furieux qui servait de garde à la demoiselle alors que sonnait minuit trente. Elle déposa un tendre baiser de remerciement sur ses lèvres et partit en direction de son domicile. Parcourant le jardin sous ce ciel sombre, elle retira ses escarpins pour ne pas qu’il l’entende entrer. Elle ouvrit la porte avec délicatesse et pénétra dans la demeure sur la pointe des pieds. Le silence qui régnait dans cette pièce ne devait pas être brisé c’est pourquoi elle retint même quelques instants sa respiration. Elle priait pour ne pas que l’agent qui la suivait sans arrête et faisait de sa vie un véritable enfer soit déjà rentré, mais ce fut en vain quand elle vit la lumière s’allumer. Il était là assis de dos à l’attendre, tel un père inquiet pour sa fille lors de sa première soirée en boîte de nuit. Haussant les épaules, Lys lâcha un lourd soupire. Elle sentait qu’il allait la sermonner et ce n’était guère la meilleure décision qu’il prendrait, car vu l’alcool qu’elle avait ingéré, sa colère et sa peine qui la tiraillaient encore, il risquait de s’en prendre plein la figure. Non elle ne comptait pas le blesser volontairement, cependant, elle était assez grande pour vivre sa vie sans qu’un homme de son rang ne vienne imposer ses règles plus stupides les unes que les autres. Après tout, elle n’avait pas besoin de lui, elle s’en était très bien sortie jusque-là non ? Elle regardait dans sa direction, attendant une quelconque réaction de sa part, alors que son cœur battait à tout rompre, et qu’elle pouvait sentir son sang bouillir par avance dans ses veines. Si les voisins voulaient du calme, c’était loupé ! Et elle espérait qu’ils aient ce soir encore pensé aux boules quies. Les bras croisés et sur la défensive, elle était prête à combattre verbalement, mais elle déglutit encore une fois, cherchant à se donner du courage!


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A. Jensen Williams
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MessageSujet: Re: ♠ Il est un peu tard, jeune fille... !   ♠ Il est un peu tard, jeune fille... ! EmptySam 1 Déc - 11:06




"Il est un peu tard, jeune fille..."
Lys&Jensen




Jensen observa l'écran de l'ordinateur et soupira. Le fait de se brancher sur les caméras de la ville et d'utiliser un logiciel de reconnaissance faciale pour retrouver quelqu'un était déjà à la limite de la légalité ; mais se servir de la même technique pour connaître le nom et le curriculum complet d'une personne... Bien des gens se seraient offusqués de cette atteinte aux droits fondamentaux, ou auraient refusé de le faire. D'autre auraient adoré, par simple curiosité, besoin trop fort d'épier leur prochain. Jensen, lui, était formé à ce genre de choses, et cela n'avait rien d'amusant. La plupart du temps, on lui demandait d'exécuter ou de transmettre des informations permettant d'exécuter l'objet de la surveillance. Mais, là, en réalité, tout ce qu'il avait à faire, c'était protéger une jeune femme récalcitrante des dangers que la vie lui réservait et d'éventuels tueurs professionnels. Et là, elle était dans la nuit avec un jeune homme qui la raccompagnait. C'était attentionné. Peut-être que pour la première fois, l'agent Vingt-Trois ne surveillait pas quelqu'un qui allait le payer de sa vie. Sur l'écran, il vit les deux jeunes gens s'embrasser. Quoique, finalement, s'il insistait, ce type allait sûrement se faire tuer. Discrètement. Il pourrait se faire renverser subtilement par un vélo, une voiture, un camion... Ou un train... Une enclume ? Jensen ferma l'écran. L'étudiante arrivait. Il serra les dents, le bordel n'allait pas tarder à commencer. Putain, mais qu'est-ce qu'il foutait là, après tout ? Si elle voulait y passer, en quoi ça le regardait ? Est-ce que pour autant, ça l'empêcherait de dormir ? Non ! Il n'en aurait rien à foutre, c'était pour le moins évident. Il soupira et but une rasade du scotch qu'il s'était servit dans son verre. Elle avait perdu ses parents et il concevait que cela puisse être difficile. Mais pour autant, ce besoin de constamment s'enfuir et risquer de mourir, était-elle réellement besoin de lui en faire profiter ? Le coude sur l'accoudoir, il se frotta les paupières du côté du nez, avec le pouce et l'index de la même main. Il n'était pas Freud, bordel ! Qu'elle fasse cela pour se prouver qu'elle est en vie ou par simple sentiment de culpabilité, après tout, il s'en foutait. La seule chose qui importait, c'était que, peut-être, il ait une prime à la fin du mois, voilà tout. Même s'il perdait sa prime de risque. Et puis, elle avait malgré tout ses bons moments...

Il secoua la tête pour chasser ces pensées. Non ! Elle n'avait pas de bons moments. C'était une sale gamine insupportable qui avait la fâcheuse habitude d'être pourrie gâtée quand ses parents n'étaient pas encore entre quatre planches de sapin. Et puis merde, la prochaine fois qu'elle les lui cassait, il était prêt à lui tirer dessus. Juste dans la jambe, tranquillement. Rien de bien méchant. Une petite balle de 9mm, ça la calmera...

La porte de l'entrée s'ouvrit et il reposa sur la table basse l'arme avec laquelle il s'était machinalement mit à jouer. Dans le noir le plus complet, il faisait tournoyer le liquide ambré dans son verre de cristal. Il faisait sombre, dans la vieille maison. Il n'y avait pas un son, même les animaux, la nature, se taisaient. Un suspense terrible qui soulignait l'appréhension qu'elle avait sûrement de le réveiller ou de se faire engueuler. S'il n'avait pas été tellement fâché contre elle, un sourire serait apparu sur son visage : il imaginait les piafs et autres rongeurs, au dehors, en train de se partager du pop corn, entourant la bicoque en attendant le champignon nucléaire de leur haine réciproque. Jensen tendit l'oreille. On n'est pas un bon agent secret si on ne travaille pas ses sens. Elle avait enlevé ses escarpins ou quelle que soit la saloperie à quatre cent dollars qu'elle mettait pour marcher, et avançait sur la pointe des pieds. Jolie tentative, mais même avec son maigre poids, il l'entendait malgré tout tenter de se frayer un chemin en esquivant les lattes grinçantes du parquet. Pas mal. Elle était douée : mais ça n'avait rien d'étonnant, vu le nombre de fois où elle bravait son autorité et rentrait en douce à des heures indécentes. Lorsqu'elle passa devant l'ouverture qui menait au salon, une sorte d'arche sans portes culminant à vingt centimètres du plafond, elle cessa même de respirer, mais son coeur n'en battit que plus fort. Elle s'était figée et attendait probablement qu'il lance la conversation. Conversation ? Non. Ca allait être une engueulade, et une sévère. L'addition sera salée pour cette petite peste. Elle pouvait avoir le plus beau minois de la création, face à l'envie qu'il avait de lui tirer dessus, ça n'était rien. Mais... C'est ça ! C'est pour ça qu'il était là, M l'avait envoyé en stage de perfectionnement pour apprendre à se contrôler ! Plus il résistait à l'envie qu'il avait de buter cette gosse insupportable, plus il gagnait en maturité et self-control ! Ah, cette M, quelle femme attentionnée...

- C'est à cette heure ci que tu rentres ?!

La question était tombée comme un couperet cinglant et sans le moindre remord. Sa voix était froide comme une lame d'acier restée trop longtemps dans l'éternelle glace hivernale du pôle. Chaque mot respirait la maîtrise qu'il gardait sur son ton, sur son intonation, sur la moindre pression influençant les sons sortant de ses lèvres. Calculée, contrôlée, cette phrase était presque aussi violente qu'un coup de poing au visage. Jensen bascula lentement sa tête vers l'arrière pour la reposer sur le fauteuil, toisant la jeune femme à travers les ténèbres, prenant ainsi une hauteur symbolique pour lui faire face. Il pouvait ressentir sa peur inavouable, une éventuelle trace de culpabilité. Lui, il demeurait d'un calme olympien. Son rythme cardiaque n'avait pas bougé d'une mili-fréquence. Si régulier qu'on pourrait le croire mort. Théâtrale, sa position se voulait aussi plus imposante : la mise en scène jouait beaucoup, même s'il n'avait pas eu besoin de la travailler. Entre l'alcool et l'obscurité, elle serait sûrement pétrifiée pendant quelques instants avant de penser à réagir et se mettre à l'engueuler. Quelle insupportable merdeuse. Il ne la louperait pas, il se l'était juré. Le jeune homme tendit le bras machinalement pour atteindre la petite cordelette qui permettait d'allumer la lampe près de lui. La pièce s'éclaira d'un coup, repoussant l'ombre dans les coins. Chaude mais faible, cet éclat donnait au salon de la vieille maison une nouvelle vie, et il espérait que cette vive lumière allait gêner le regard de Lys pendant quelques secondes. Lui ne sourcilla pas, et demeurait impassible.

- C'est à cette heure ci que tu rentres ? répéta-t-il froidement sur le même ton qu'avant face au silence de la belle.






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MessageSujet: Re: ♠ Il est un peu tard, jeune fille... !   ♠ Il est un peu tard, jeune fille... ! EmptyDim 9 Déc - 21:26






Jensen Lys







On peut vivre 100 ans sans réellement vivre une minute. - Gilmore Girl






Elle aurait dû comprendre que ce n’était pas une bonne idée que de rentrer à cette heure tardive pour diverses raisons, cependant têtue comme une mule et très fêtarde, elle faisait se taire sa raison, ayant l’impression de ne plus pouvoir vivre sa vie comme elle l’entendait. La première raison était bien évidement qu’avec de l’alcool dans le sang et loin de la surveillance d’Ainsley, elle courrait un plus grand danger qu’à son habitude. La seconde quant à elle était qu’elle risquait de s’en prendre une par le jeune homme très colérique quand elle dépassait les limites qu’il lui fixait. Mais elle devait l’avouer, elle s’en fichait pleinement. La seule chose qui importait quand on avait passé des mois des années de sa vie étudiante à fuir, et vu ses parents allongés dans une mare de sang, était de vivre sa vie pleinement et de profiter de chaque instant qu’on lui offrait pour ne jamais le regretter. Elle pouvait mourir d’une seconde à l’autre si l’un des meurtriers encore en liberté venait à la retrouver, alors autant rêver et vivre à deux cents pour cent chaque instant, non ? Seulement Jensen faisait son job et ne le comprenait pas ! Elle soupira, imaginant le jeune homme lui faire la crise du siècle. Elle détestait quand il se prenait pour son père, alors qu’il n’était qu’un inconnu qui s’était immiscé dans sa vie pour la protéger. Elle n’était pour lui, qu’un client, une sorte d’objet à couver. Cependant, elle ne supportait plus qu’il soit sans arrêt sur son dos, et avait besoin de respirer, et de faire la fête. Ce n’était plus une enfant fragile, elle savait se défendre et prenait des cours d’autodéfense pour cette raison…Alors pourquoi ne lui foutait-on pas la paix ?!? Traversant l’allée jusque leur demeure, elle ne vit pas dans cette obscurité que cet agent était entré. Pourtant, elle pouvait le sentir, il était là et elle allait passer un sal quart d’heure… Tout de suite , un millier de questions fusa dans son esprit, et elle n’en trouverait pas si rapidement les réponses. Comment allait-elle bien pouvoir échapper à l’engueulade qui l’attendait s’il se trouvait chez eux ?!? Comment pourrait-elle lui expliquer, qu’elle préférait mourir plutôt que de vivre une seconde de plus enfermée dans cette cage dorée, où elle ne pouvait rien faire ? Elle n’en savait rien, mais elle ne pouvait pas attendre plus longtemps dehors. Pénétrant à pas feutré dans le domicile ses chaussures à talons dans la main, elle faisait tout son possible pour rester silencieuse. Elle mettait en pratique ici, les conseils que sa mère lui avait donné pour ne pas qu’elle les réveille en rentrant de soirée. Cette pensée la fit sourire alors que ne respirant plus, elle traversait le hall. Son cœur battait à des kilomètres à l’heure, et elle traversait la pièce se rendant à l’ouverture qui menait au salon. Si elle avait su ce qui allait se passait, elle aurait grimpé les escaliers trois par trois pour se rendre immédiatement dans sa chambre pour éviter l’affrontement, mais non butée et toujours sous l’effet de l’alcool ingurgité, elle avait tenté sa chance.

Soudain dans l’obscurité de la demeure, elle entraperçu le jeune homme assis sur le fauteuil. Elle pouvait deviner le contour de son corps qui se dessinait dans le noir. Comme paralysée, elle se stoppa net, ne voulant pas faire un pas de plus. Elle le savait, il venait de la repérer. Et zut…. Ça allait barder ! Tant pis, elle était prête à faire avec et lui tenir tête un moment pour qu’il comprenne qu’elle n’en pouvait plus ! Et si elle aurait tout de même aimé qu’il lui laisse le temps de sortir de quoi se battre verbalement avec lui, ce ne fut pas le cas, et il prononça ces mots dans une voix de marbre qui déstabilisèrent la belle. Elle fut assaillie par les souvenirs et revit son père sur le fauteuil qui l’attendait le soir du bal du lycée, alors qu’elle rentrait à plus de deux heures du matin. Sa gorge se serra, alors que le visage de son père, son souvenir l’amenait dans un rêve qui prendrait fin rapidement, laissant flotter en elle le regret et un manque qu’elle taisait de toute ses forces. Il lui arrivait encore de pleurer la mort de ses parents, mais jamais ô grand jamais elle ne le faisait en sa présence. Le voir agir ainsi l’irritait non pas car il lui rappelait la force, la douceur et la sévérité de son père, mais car par ces agissements, elle se sentait opprimée et comprenait une fois de plus qu’elle avait perdu les seules personnes qui avaient véritablement compté à ses yeux : ses parents. Jamais il ne remplacerait son père et elle ne voulait pas de ce gars sur-protecteur dans sa vie. Elle se tut , tentant de ne pas fondre en larmes et de reprendre ses esprits. Retrouvant son calme, elle soupira. Elle se sentait prête à agir, mais elle attendait encore un peu.

Tout à coup, le jeune agent alluma la lumière. Bien que la lueur était encore faible, elle vint agresser les pupilles de la belle, qui passa la main devant ses yeux avant de les fermer. Les rouvrant doucement, elle posa sur le jeune homme un regard noir, le foudroyant sur place. Si ces yeux avaient été un flingue, le beau brun athlétique au sourire ravageur serait mort sur le champ…malheureusement ce n’était guère le cas ! Dommage, elle se serait bien débarrassée de ce pauvre gars qui lui tapait sur le système….Bon d’accord, elle tenait à lui…bien qu’elle le niait…il lui aurait manqué. Bref, passant sa main libre dans ses cheveux, alors qu’il répétait sa question, elle soupira. Elle tentait de rester de marbre, de ne pas perdre le contrôle de son être. Son visage n’exprimait ni la peine, ni la colère et l’exaspération qui l’animaient face au comportement de ce bel homme bien trop lourd à son goût. Elle ne savait si elle devait taire, l’ignorant et rejoignant sa chambre après avoir récupéré une bouteille d’eau à la cuisine ou si elle devait réagir. Elle était lasse et ce soir n’était pas le meilleur jour pour lui chercher des poux. Elle remonta les bras et les croisa, continuant son chemin vers la cuisine et lâchant d’une voix fatiguée « Lâche-moi Ainsley…J’ai pas à justifier mon comportement je rentre à l’heure que je veux… » A chaque pas qu’elle faisait, elle réduisait la distance qui les séparait. Elle ne le quittait pas des yeux, toujours furieuse, mais ne le montrait guère. Alors qu’elle arrivait à sa hauteur, elle tourna le regard sachant pertinemment qu’il n’allait pas lâcher le morceau si rapidement. Elle sentait son regard inquisiteur posé sur elle, et comme si ça suffisait à déclencher la guerre en elle, son sang se mit à bouillir. Quand elle passa près de lui, il la stoppa en l’attrapant par le bras. Il n’était guère violent, il voulait juste la retenir. Pourtant c’était la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Elle jeta un coup d’œil au pc posé non loin et compris directement qu’il la filait, alors là s’en était assez : « Jensen, je suis plus une enfant. Okay c’est ton job de veiller sur moi, mais j’ai le droit d’avoir une vie …merde ! Tu peux pester autant que tu le veux, je m’en fous….c’est ma vie, et j’en fais ce que je veux que ça te plaise ou non… ! C’est pas comme si ta présence allait changer quelque chose ! » Et les hostilités commençaient !




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